Le certificat d’études, un premier pas vers la vie adulte pour nos ancêtres

04 septembre 2026

Pour nos aïeux, l’école primaire n’était pas seulement un lieu pour apprendre à lire, écrire et compter. Passer l’examen du certificat d’études primaires était un moment important. Ces diplômes racontent autant l’histoire de l’éducation que celle des familles qui les ont conservés. Supprimé en 1989, le certificat a concerné des générations entières, dont celle de mes arrière-arrière-grands-parents.

Une institution scolaire emblématique

Le certificat d’études primaires voit le jour en 1866 grâce à Victor Duruy. En 1880, un arrêté signé par Jules Ferry fixe l’organisation de l’examen au niveau national. Par la suite, la loi de Jules Ferry de 1882, rendant l’école primaire gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans, rend le passage du certificat plus systématique. Il marquait la fin de l’enseignement primaire élémentaire, généralement entre 11 et 13 ans, et attestait que l’enfant savait lire, écrire, compter, et avait acquis des notions d’histoire, de géographie et de sciences appliquées.

C’était un diplôme important, même si toutes les familles ne le voyaient pas de la même façon. Passer le certificat n’était pas automatique : instituteurs et parfois parents choisissaient les enfants qui pouvaient se présenter. L’examen avait lieu chaque année au chef-lieu de canton.

La réussite de Robert ANDRÉ

En juillet 1913, Robert ANDRÉ, mon arrière-arrière-grand-père originaire de Thaas dans la Marne, passe son certificat d’études à Fère-Champenoise. Le journal Le Courrier de Sézanne du 4 juillet 1913 rapporte qu’au total, 60 candidats se présentaient cette année-là, dont 58 ont été admis. Robert décroche son examen avec la mention « très bien », un témoignage de son sérieux et de son travail.

En poursuivant la lecture des résultats, je découvre également que Jeanne LOISELET, future belle-soeur de Robert, obtient son certificat d’études la même année et dans le même canton. Ainsi, Robert et Jeanne passent leur examen dans les mêmes conditions et au même moment, un petit détail qui éclaire un peu plus les liens entre ces deux familles avant leur union future puisque c’est en 1925 que Robert ANDRÉ épousera Yvonne LOISELET, la soeur de Jeanne.

Une trace dans nos archives familiales

Dans mes archives familiales, le certificat de Robert est encore conservé. Il est même encadré, montrant à quel point il avait de la valeur pour la famille. À l’époque, ce n’était pas qu’un simple papier : c’était un objet de fierté, exposé dans la maison aux côtés d’autres documents ou souvenirs familiaux.

Fait intéressant, le document ne précise pas que Robert a obtenu la mention « très bien ». Nos archives ne reflètent donc pas toujours tous les détails connus par la presse ou la mémoire familiale. Pourtant, le simple fait de conserver ce certificat permet de toucher du doigt le parcours scolaire de nos ancêtres et de mesurer l’importance qu’ils accordaient à l’éducation.