Alexandre André, maire et pilier de sa commune
Cette semaine, alors que les élections municipales battent leur plein, je vous propose de revenir sur l’histoire locale à travers le parcours de ceux qui ont façonné nos villages. Parmi eux, mon ancêtre, Alexandre André, maire de Thaas dans la Marne à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, a joué un rôle essentiel dans la vie de sa communauté.
Alexandre André, cultivateur et chef de famille
Né le 27 juin 1869 à Thaas dans la Marne, Alexandre André grandit dans une famille de cultivateurs profondément ancrée dans la vie locale. Il est le fils d’Eugène Amédé André, ancien maire et cultivateur, et d’Adèle Elisabeth Poilvert.
À 28 ans, il épouse Marie Louise Bourdelet, jeune cultivatrice de 19 ans, et le couple s’installe à Thaas. Ils auront trois enfants : Georges Eugène, Robert Louis et Lucienne Florence Joséphine.
Bien que sa vie de famille et son emploi du temps d’agriculteur soient bien chargés, Alexandre s’engage dans la vie publique, suivant les pas de son père, Eugène André, en lui succédant en tant que maire de Thaas en 1896.
Une carrière municipale active
Élu maire à seulement 27 ans, Alexandre André dirige la commune avec sérieux et dévouement. Réélu à chaque élection, il obtient presque toujours le plus de suffrages lors de l’élection des conseillers municipaux, et, puisque ce sont ces derniers qui élisent le maire, il reçoit régulièrement 9 voix sur 10 à chaque élection.
Parmi les moments marquants de sa carrière, Alexandre André participe au banquet des maires lors de l’Exposition Universelle de Paris. Organisé le 22 septembre 1900, à l’occasion de la date anniversaire de la proclamation de la Première République, ce banquet réunit plus de 22 000 maires au jardin des Tuileries. Cet événement souligne l’importance des maires dans le tissu local et leur rôle dans la promotion des projets communaux.
Au cours de ses mandats, il mène des projets pour améliorer la vie quotidienne de ses concitoyens, notamment en abaissant le prix des concessions funéraires ou en initiant la construction d’un lavoir communal qui ne verra malheureusement jamais le jour à la veille de la Première Guerre mondiale.
Une fin de carrière bousculée par la guerre
En effet, la Première Guerre mondiale bouleverse totalement sa vie et celle de sa famille. Mobilisé dès août 1914, il doit interrompre ses fonctions municipales. À son retour, en janvier 1919, sa santé et les années passées le conduisent à décliner la charge de maire.
Lors des nouvelles élections qui se tiennent en novembre 1919, il est de nouveau élu maire, mais n’accepte pas le poste, bien qu’il continue à siéger au conseil municipal. Il y restera jusqu’en 1935, année où il laisse la place à son fils, Georges André.
Le parcours d’Alexandre André illustre comment un homme enraciné dans sa commune peut à la fois gérer ses responsabilités familiales et agricoles tout en contribuant activement à la vie publique. Son engagement témoigne de son dévouement et de son rôle durable dans l’histoire de Thaas.