À la découverte de la vie d’un marin pendant la Première Guerre mondiale

30 janvier 2026

Quand on parle de la Première Guerre mondiale, on pense souvent aux soldats de l’armée de Terre. Pourtant, la marine a joué un rôle essentiel. Que ce soit pour protéger les côtes, transporter des troupes ou assurer le ravitaillement, les marins ont participé à l’effort de guerre et ont vécu un quotidien structuré et exigeant. Grâce aux archives, il est possible de reconstituer leurs parcours et de mieux comprendre leur vie à bord.

Les marins pendant la Première Guerre mondiale

La vie d’un marin n’était pas linéaire. Il pouvait embarquer sur différents types de navires : croiseurs, destroyers, navires auxiliaires… voire navires-hôpitaux. Entre deux affectations, en attendant d’embarquer, il passait aussi du temps dans des dépôts des équipages.

Même si chaque parcours est unique, certains éléments reviennent régulièrement : embarquement sur plusieurs navires, passage par un ou plusieurs dépôts, et participation aux activités quotidiennes qui assuraient le fonctionnement de la flotte.

Les états de service des marins

Les archives offrent la possibilité de connaître les états de service des marins. Au cours de mes recherches, j’ai été amenée à m’intéresser à un matelot de 3ème classe. Grâce à son matricule des gens de mer, il a été possible de retracer sa carrière au sein de la marine.

Avant la mobilisation, il était déjà marin à la petite pêche. En 1915, à 20 ans, il est appelé au service militaire obligatoire et devient matelot de 3ème classe sans spécialité au service de l’État dans le cadre de la Première Guerre mondiale.

Pendant près de quatre ans, il alterne entre périodes à terre dans deux dépôts différents et embarquement sur quatre navires différents, parmi lesquels un navire-hôpital et un croiseur auxiliaire, le Gascogne.

Une journée type à bord du Gascogne

Savoir qu’un ancêtre a été matelot sur le Gascogne, c’est une chose, mais à quoi ressemblait vraiment une journée type ? Contrairement aux régiments d’infanterie, les navires avaient souvent des journées moins mouvementées, mais chaque tâche était essentielle. Les journaux de bord permettent de reconstituer ce quotidien.

Stationné autour de Salonique, la journée-type des marins à bord du Gascogne se déroulait de cette manière :

Minuit / 4h : quart de nuit et service ordinaire au mouillage.

4h / 8h : rations, branlebas, lavage corporel, corvées de linge et nettoyage du navire.

8h / 12h : continuation des corvées, repas pour les escouades désignées et vérification de la propreté du navire.

12h / 16h : distribution des effets d’habillement et autres services aux équipages.

16h / 20h : rations, corvées, branlebas pour le service de nuit.

20h / 24h : service ordinaire de nuit et changement de quart.

La vie d’un marin pendant la Première Guerre mondiale était souvent méconnue, mais elle était structurée, exigeante et indispensable. L’exemple du Gascogne permet de comprendre le quotidien à bord, les missions variées et l’organisation nécessaire pour maintenir le service naval. Retracer ces parcours redonne vie à ces expériences et révèle la contribution essentielle des marins à l’effort de guerre.

Sources :

SHD - cote 9P4 171 - Matricule des inscrits définitifs

SHD - cote SS Y 244 - Journal de bord de la Gascogne du 12/10/1915 au 03/11/1916